Après les doutes, l’attente…

Après quasiment une année de recherches intensives d’alternance dans le domaine du « marketing digital » et une très bonne pratique de l’ascenseur émotionnel, je devais me rendre à l’évidence : j’avais échoué dans mon projet. C’est dans cet état d’esprit défaitiste et pessimiste que la vie m’a ouvert une porte, aussi imprévue qu’inespérée ! Retour dans cet article, sur cette année chaotique et sur cette surprise prometteuse …

Année sombre pour l’alternance

Des aides destinées avant tout aux jeunes !

Bien que les aides de l’État se soient appliquées à tous les contrats d’apprentissage, quel que soit l’âge du bénéficiaire, lorsqu’on regarde la grille tarifaire, il est évident que les structures privilégient l’embauche d’un jeune de moins de 26 ans :

C’est tellement évident pour certains recruteurs, que je me suis retrouvée dans des situations très embarrassantes, notamment en entretien avec un responsable plutôt maladroit… il parcourait en effet mon compte Instagram et, en voyant une photo de moi, il s’est permis de me dire : « il y a une photo d’une dame, ça doit être ta mère »… Un peu abasourdie par son culot, je lui ai simplement rappelé mon âge.

C’est ma RQTH (Reconnaissance en Qualité de Travailleur Handicapé) qui m’a permis de rejoindre le dispositif de relance de l’apprentissage lié au contexte sanitaire. Ce qui aurait pu être un avantage dans ma recherche d’alternance s’est avéré insuffisant en terme d’aides spécifiques (3000€ maximum sur 12 mois). Lorsque je présentais cet argument en dernier recours, l’aide dérisoire de l’AGEFIPH ne suffisait pas à réorienter la décision de l’employeur.

D’autre part, très peu de structures sont ouvertes à l’embauche d’un senior, en contrat d’apprentissage ou en contrat de professionnalisation. La question du coût est sûrement en jeu mais, les profils seniors (en reconversion notamment) ne sont peut-être pas valorisés dans l’esprit des recruteurs…

Un coût impossible à supporter pour les petites structures

Certains employeurs étaient enthousiastes à l’idée de me prendre en alternance mais, ils se sont ravisés en calculant le coût de mon contrat et leur « reste à charge ». Pour certains ce coût, rajouté aux incertitudes liées à la COVID, ont été définitifs. Dans tous les cas, il me semble que mon projet en cette année particulière, était en inadéquation avec la réalité du marché, et surtout du contexte économique et sanitaire.

Des tests d’aptitude ultra-sélectifs

Sur les cinq ou six retours positifs à mes candidatures, j’ai dû passer trois tests:

  • Pour une agence, d’abord, un test de rédaction avec un brief précis et détaillé (nombre de mots, thématique, cible, mots-clés et ton). Malgré mon expertise, voici les retours du responsable : exercice compris dans l’ensemble, mots-clés placés, angle intéressant mais rédaction trop factuelle dans le style, problèmes de formulation, candidature non retenue.
  • Pour une école en ligne, un test d’aptitude créative pour lequel j’avais même pris soin de contacter, pour relecture et avis, un professionnel sur LinkedIn et dont voici, en bref, les retours : bonne rédaction de l’article, très bonne argumentation pour l’exercice de naming mais, le ton et l’ambiance des deux premiers exercices sont un peu loin de nos attentes… candidature non retenue.
  • Pour une autre école en ligne, un test de compétences qui me vaudra globalement ces retours : manque d’expérience (je n’ai mis aucun emoji sur une publicité Facebook fictive à destination de jeunes bacheliers et mon texte était un peu long) malgré une bonne connaissance en SEO, trop « résignée » en entretien…

L’emprise du doute

L’échec et son cortège d’émotions négatives

Après près de 150 candidatures, 6 entretiens et autant d’échecs, une remise en question globale s’est imposée à moi : mon projet professionnel était-il viable ? N’étais-je pas trop ambitieuse ? Ne m’étais-je pas trompée d’orientation ? Y-avait-il vraiment une place pour moi dans ce milieu du marketing digital ? Quelle était réellement la place du contexte sanitaire dans mes difficultés ?

Bref, ma ligne d’horizon a fini par s’effacer, mon espoir s’est tu et mon optimisme a cédé sa place à la noirceur de l’incertitude. Je continuais à me lever tous les matins, à me connecter à ma plateforme de formation, à rechercher désormais un stage mais, au fond de moi, j’avais perdu mon combat de la réinsertion professionnelle.

Élan de nostalgie

C’est dans ce fatras émotionnel qu’un soir, je me décide à vérifier si ICQ (I Seek You, messagerie instantanée) existe toujours. Je l’utilisais dans les années 90, quand j’ai commencé à me servir d’Internet et, j’en avais un souvenir positif d’échanges ouverts, respectueux et riches ! En téléchargeant l’application sur mon téléphone, je n’espérais pas grand chose et fut même étonnée que l’appli existe. Le son des notifications n’avait pas changé et, c’est d’ailleurs à peu près le seul détail qui la rapprochait de son ancienne version.

Malgré la jungle humaine qui se côtoie sur cette nouvelle peau d’ICQ, j’ai rapidement sympathisé avec un nostalgique du Web prometteur de ces années 90. Nous nous mettons à rêver d’un Web alternatif, d’éducation à l’usage du numérique, d’indépendance, de décentralisation… bref, aussi utopiques soient nos échanges, ils me redonnent un peu d’espoir et d’énergie pour avancer.

Vers de nouveaux questionnements

Mes échanges sur ICQ m’amènent à m’interroger encore plus sur mon projet professionnel. Comment concilier mes idéaux et ma nostalgie d’un Web indépendant, décentralisé et mes compétences professionnelles axées sur une logique du résultat tournant autour des algorithmes de Google ?

Le lien ci-dessous (en anglais, je n’ai pas retrouvé la source an français) vous donnera un aperçu du travail d’ores et déjà amorcé par certaines communautés pour offrir une alternative au Big Web que nous connaissons tous aujourd’hui:

https://ar.al/2020/08/07/what-is-the-small-web/

Ces questionnements m’ont, peu à peu, rapproché de ma passion première, le journalisme scientifique, tout en laissant en suspens mes interrogations sur le paradoxe de mes compétences…

La surprise du « hasard »

Un mail inespéré

Le 18 avril dernier, j’ai reçu, par mail, une proposition d’emploi à mi-temps dans une radio locale où j’ai déjà travaillée. Le brouillard causé par cette année difficile, m’oblige à saisir cette opportunité en vol. Je connais le travail, je connais la responsable, je connais les gens qui gravitent autour de cet univers : en fait, je suis ravie de cette excellente surprise !

Je serais en charge d’animer deux émissions, l’une autour de la nature, de l’environnement et des sciences agricoles, l’autre autour de la santé et des sujets de société. Évidemment, étant donné mon profil mi-scientifique, mi-littéraire, ces thématiques m’enthousiasment beaucoup.

Une graine semée en entretien

Lors de l’entretien, j’apprends que la responsable projette de recruter un autre candidat à mi-temps avec un profil plutôt « commercial ». Depuis, l’idée de convaincre les seniors en charge de cette radio locale des avantages de l' »Inbound Marketing » dans l’augmentation de leur audience et de leur image de marque auprès des organismes publics qui pourraient les subventionner, ne cesse de grandir.

Mais, je me heurte à plusieurs problèmes :

  • La radio existe depuis 30 ans, la responsable a du mal à entrevoir les possibilités liés à la digitalisation.
  • Il n’y a pas de blog.
  • Je n’ai pas assez d’expériences pour faire-valoir mes résultats.

En attente du feu vert de… Pôle Emploi

Lors de l’entretien en début de semaine, la responsable de la radio m’a informé du blocage de ma candidature à Pôle Emploi, du fait de mon statut actuel : « en formation ». Cela fait donc quelques jours que je me retrouve dans une situation inconfortable avec beaucoup trop de retard accumulé pour être en mesure de passer mes examens en juin et, une embauche en suspens…

Je ne peux pas croire, cependant, que je ne puisse pas accéder à un emploi, sous prétexte que je me suis engagée dans une formation pour laquelle aucun avenir certain n’est assuré. Je ne pourrais pas attendre indéfiniment les retours du Pôle Emploi et, je compte bien démêler cette affaire le plus vite possible. Après l’enfer du doute, vient l’inconfort de l’attente !

Auteur : Mélina Darcam

Journaliste scientifique de formation (Bac+5), j'ai peu à peu évolué vers le digital et, je me suis formée aux techniques de référencement naturel en freelance. Je poursuis aujourd'hui ma progression dans le marketing digital en me formant au métier de chef de projet Web. Dans le cadre de cette formation, je recherche une structure pour signer un contrat d'apprentissage.

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